Les états généraux de la presse vont débuter

Vous le savez peut-être, le président Nicolas Sarkozy a demandé il y a quelques mois à sa conseillère Emmanuelle Mignon d’organiser les « états généraux de la presse » qui vont débuter dans 2 jours. Vous trouverez sur le Net des tas d’articles à propos de cette action et en particulier un dossier intéressant sur le site journaliste.com. Pour connaître les axes de réflexions vous pouvez aussi consulter le rapport « les médias et le numérique » de Danièle Giazzi remis au président (je vous précise que le « Greg » de la page 3 ce n’est pas moi!).

Que dire sur ce nouveau Grenelle qui va, bien évidement, résoudre tous les problèmes en deux petits mois de réflexions communes ? Sans être cynique, le rapport de Mme Giazzi commence assez mal puisqu’on peut y lire qu’il faut sortir de la « béatitude numérique » (voir l’encadré).

Quels sont les moyens avancés ? Encore une fois je vais faire dans « la synthèse à la hache » :

  1. Permettre de libéraliser et de déréguler le secteur des médias pour construire des « champions » internationaux.
  2. Encadrer et réguler « le nouveau monde des médias sur le web ».

Ces mesures me rappellent les orientations sur le droit d’auteur et Internet. On ne peut pas dire que l’idée participative derrière les usages « 2.0 » soit vraiment comprise…  Cependant je vais quand même être optimiste puisque certains détails du rapport sont vraiment intéressants, en particulier ceux parlant de la façon de « consommer » l’information aujourd’hui à travers le Net. Comme le dit également Yves Agnès « L’irruption depuis 2002 des quotidiens d’information gratuits et la concurrence nouvelle d’Internet n’ont pas créé cette situation [la crise de la presse écrite quotidienne], elles l’ont seulement aggravée ». Bref, il faut que cette presse soit plus abordable, moins chère, plus en lien avec les technologies numériques (les lecteurs veulent contribuer), plus simple à se procurer et plus « fiable ».

Vous l’aurez compris, c’est un sacré programme qui va toucher à la formation même des journalistes, les vrais avec une carte de presse 😉 ainsi qu’à la relation avec le lecteur. La question de la rentabilité de l’information sur Internet et du modèle économque à suivre sera évidement de la partie.

Pour finir je ne résiste pas à la tentation de vous dire deux mots sur le livre que je suis en train de lire. Il s’agit d’un roman de science-fiction de Charles Stross « Aube d’acier ». Un des personnage secondaire est Franck Le Flair, blogueur de guerre au Times de Londres 😉 Oui, le Times est devenu un blog avec une équipe de blogueurs et un rédac’chef … anticipation ?

Grégory

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  1. #1 par karinetoussaint le 1 octobre 2008 - 19:04

    Bravo Grégory, article très intéressant !
    Bon, je ne veux pas te contrarier, mais enfin c’est pas tout à fait faux, le coup de la « béatitude numérique » : sur la toile, on trouve un peu à boire et à manger… (cf. rumeurs infondées qui se répandent vitesse V)
    La fiablité est plutôt du côté de la presse que d’internet pour le moment, non ?
    ;-D
    Je crois que les médias ont compris l’attente « 2.0 » et d’ailleurs, beaucoup de journalistes tiennent un blog à côté de leur rubrique, sans parler de la possibilité de commenter la plupart des articles mis en ligne par les rédactions.
    Bon évidemment, on en est pas encore aux temps du blogueur du Times, mais avec rue89 est-ce qu’on ne peut pas dire qu’on s’en approche ?
    Bises et merci pour ces informations

  2. #2 par Pascal le 5 octobre 2008 - 18:28

    C’est fou le mythe du journaliste avec une carte de presse, j’en ai eu une durant des années et c’est vrai que çà donne des bonnes habitudes. Mais de là à tomber dans le « un journaliste doit avoir une carte de presse pour avoir le droit d’écrire » ou encore pour être certains de ce qui est écrit. . . Il y des bons et des mauvais partout.
    Oui les comentaires commencent à être pris en compte (enfin, on a un mauvais exemple en Côte d’Or (tient je vais me faire des amis, je le sens), il y a des commentaires possibles sur le BP, mais ils sont très très rarement publiés et quand ils le sont, ils sont très trop corrects. moi j’ai arrêté d’en mettre çà ne sert à rien).>
    Et puis le genre états généraux ou Grenelle de je ne sais quoi. . . et pourquoi pas une Haute Autorité. . . je ne suis pas certains que ca fasse avancé mais ca ajoute encore et encore des contraintes, des malus/bonus et autres surper trouvailles. . .
    Moi je suis plutôt sceptique par rapport à ce type de communication, on va encore accouché d’un gros rapport… et après ?
    Franchement, quand on voit les sujets imaginés, on est loin d’avoir envie de s’occuper du problème.

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